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Governo Italiano

Dettaglio intervento

Data:

16/02/2010


Dettaglio intervento

Mondialisation et identité culturelle - L’un des principaux effets des grands changements qui ont marqué la fin du XXe siècle, le «siècle court» (pour emprunter une expression devenue célèbre), notamment la fin de la guerre froide et la mondialisation, est d’avoir remis la question de l’identité culturelle au centre de l’attention, surtout en Europe. Ce sujet est à l’ordre du jour en France, sous l’angle de l’identité nationale, mais pas seulement en France: il l’est un peu partout dans le continent.

Quelqu’un soulève parfois l’objection que l’insistance sur les éléments identitaires risque de provoquer des divisions et des ruptures au lieu de favoriser la cohésion. Notre réponse est que c’est précisément parce que l’identité n’est pas quelque chose de figé mais un processus dynamique qu’elle s’impose aujourd’hui à notre attention.

Nos sociétés sont soumises à de nouvelles tensions. La mondialisation implique le mouvement des personnes et des biens, la libéralisation accrue des échanges et des marchés financiers. Il faut que ces phénomènes soient encadrés dans un système de règles partagées et de bonne gouvernance. Nous l’avons vu avec la crise économique, les délocalisations, les bulles spéculatives; nous le constatons sur le plan sécuritaire et dans la réalité de l’immigration.

Face à ces changements et à ces défis, le bagage politique et idéologique traditionnel – la distinction entre gauche et droite ou l’approche purement nationale – semble quelque peu dépassé. Il s’agit plutôt de bâtir ensemble une identité européenne à l’heure de la mondialisation et dans un monde multipolaire, à partir des principes, des valeurs et des cultures sur lesquels nos nations se sont formées.

Les affinités culturelles et des valeurs entre Italie et France - Dans cette optique, l’Italie et la France ont un patrimoine commun à mettre en valeur, au service de la construction de l’identité européenne. Inutile d'insister sur les affinités linguistiques et culturelles entre l'Italie et la France, car elles sont sous nos yeux: on peut raconter une bonne partie de l'histoire de l'Europe, à partir de la fin du Moyen-Âge, à travers les échanges entre les grands mouvement culturels de la Péninsule et de l'Hexagone.

Il suffit de songer à l'influence que l'Humanisme et la Renaissance italiens, la découverte de l'individu, la révolution scientifique initiée par Galileo Galilei ont eu sur l'âge des Lumières. Il suffit de songer aux échos de la tradition des libres Communes en Italie dans la Révolution Française ; ou à l’influence sur notre «Risorgimento» des valeurs nationales et du système de droit civil transmis par Napoléon. Il suffit, enfin, de songer, aux racines spirituelles des nos deux pays et, bien qu’on ait manqué l'occasion de les rappeler dans le projet de Constitution Européenne, je constate leur reflet dans le concept de « laïcité positive » évoqué à plusieurs reprises par le Président Sarkozy. Il ne s'agit pas d'imposer un jugement de plus-value d'une religion par rapport à une autre, mais de reconnaître un fait de notre histoire, qu’on oublierait à nos dépens, car la voix d’une très grande partie des nos sociétés est là pour le rappeler.

Il est largement reconnu que la laïcité elle-même est le produit d'un parcours qui s'est déroulé à partir de ces racines. Et s'il y a lieu de le rappeler aujourd'hui ce n'est pas pour forcer des conversions, mais pour affirmer et "imposer" la tolérance, la pluralité, la liberté d'expression. En Europe, ces principes se sont consolidés au fil des siècles au prix d’énormes souffrances et de véritables tragédies déclenchées par les guerres de religion, par les préjugés et par l'intolérance. Ceci pose donc nécessairement une limite au relativisme culturel que nous pouvons nous permettre. Le respect des racines de notre identité et de notre civilisation européennes constitue une véritable « ligne rouge » qui doit être respectée par tous ceux qui aspirent à s'intégrer et à devenir des citoyens européens à tous les effets.

Les droits de l’individu à la base de l’identité européenne: le défi de l’immigration - Il s'agit d'abord de reconnaître que tout cela découle du concept même de droits de la personne; les droits de l’individu doivent toujours prévaloir sur les droits prétendus de tel ou tel groupe ou «communauté». Pour ce qui est de l’immigration, je crois que l’Italie et la France partagent cette vision dans un esprit de solidarité et d'accueil, sachant toutefois que l'accueil doit se réaliser dans un cadre d'intégration et non pas de désintégration sociale. Sans le respect de la loi et des droits de l’homme, sans règles, on abandonnerait la circulation des personnes aux mains des réseaux criminels, qui font de la traite d’êtres humains l’équivalent moderne de l’esclavage.

Dans ce cadre, permettez-moi de dire qu’on a longtemps pensé que l’élargissement de l’Union aurait pu représenter un danger pour l’identité européenne. Aujourd’hui, par contre, nous sommes de plus en plus conscients du fait que le principal défis est représenté par les flux migratoires, notamment d’origine musulmane, qui investissent notre continent et par la nécessité d’adopter des stratégies d’intégration efficaces. Le principal défi est de mettre en œuvre des politiques permettant d’accueillir l’identité des autres sans pour autant trahir les valeurs dont s’inspire la nôtre.

Il est évident, y compris de ce point de vue, – et d’ailleurs nous n’avons pas cessé de le répéter depuis longtemps - que l’immigration est un problème européen. On ne saurait confier la tâche de gendarmes de l’Europe aux seuls pays qui, de par leur position géographique, sont les plus exposés; le rapatriement des immigrés clandestins doit être organisé au niveau européen, les critères d’admission doivent être les mêmes pour tous et les règles en matière d’asile doivent être harmonisées. L’Union européenne doit améliorer son action dans le domaine de l’immigration dans la Méditerranée, dans un esprit de solidarité et de coordination entre ses membres. Quelques progrès dans cette direction ont déjà été accomplis, entre autre grâce à l’effort conjoint de la France et de l’Italie (la lettre des Présidents Sarkozy et Berlusconi) avec la récente adoption du «Programme de Stockholm». Mais il reste encore un long chemin à parcourir.

Parmi les droits fondamentaux civils et politiques, comme la liberté d’expression, mention doit être faite aussi des «nouveaux droits», tels que les droits à la sécurité, à l’éducation, à la santé, à un environnement vivable. Là aussi, l’Italie et la France se rejoignent. Que ce soit l’engagement en faveur d’une défense européenne complémentaire et étroitement liée à la dimension atlantique, la détermination à démanteler les réseaux terroristes, l’engagement au Liban ou en Afghanistan, la dimension méditerranéenne de nos politiques étrangères, la coopération en matière d’énergie, la vision de l’agriculture comme partie intégrante de l’environnement, du territoire et de la qualité de vie, les choix stratégiques des nos deux pays se fondent sur une aspiration commune et sont autant de preuves de l’énorme potentiel positif des relations franco-italiennes pour l’avenir et la gouvernance de l’Europe.

Le futur de l’Unione européenne: un interlocuteur global - Notre Europe fait souvent l’objet de critiques: trop «étatique», trop «dirigiste», trop de «bureaucratie» bruxelloise qui l’éloignerait de ses citoyens, trop de complexités dans les mécanismes communautaires. On risque pourtant d’oublier que l’Europe est une histoire de succès bien plus qu’on ne soit prêt à l’admettre. Grâce à ses valeurs et à son mode de vie, grâce à ce que les Anglo-Saxons appellent le soft-power, elle a engendré un mouvement centripète d’attraction vis-à-vis de ses voisins qui n’a pas d’égal dans l’histoire.

La paix et l’étroite coopération franco-allemande constituent l’une des clés de ce succès depuis plus d’un demi-siècle et nous en sommes parfaitement conscients. Mais je crois fortement à la centralité et à l’importance des relations bilatérales entre la France et l’Italie, basées sur une communauté d’esprit qui est peut-être plus « naturelle » qu’avec d’autres partenaires, pour les raisons que je viens d’évoquer et pour d’autres encore : l’affinité structurelle de nos systèmes productifs, sociaux et politiques, le fait que dans les enceintes internationales l’Italie et la France partagent très souvent les mêmes positions.

En tant que pays fondateurs de l’Union européenne, l’Italie et la France partagent aussi la responsabilité politique et historique de se positionner dans le «peloton de tête» du processus d’intégration et d’élargissement constant de son champ d’action et d’efficacité. L’un des défis prioritaires qui reflète l’importance d’une action commune de l’Italie et de la France est celui qui nous appelle à appuyer tous les efforts visant à faire de l’Europe un interlocuteur global, fiable et respecté à l’échelle internationale. Il faut que l’Europe s’exprime d’une seule voix; qu’elle exerce sa capacité de leadership; qu’elle joue un rôle stabilisateur dans les pays voisins; qu’elle redéfinisse l’agenda transatlantique; qu’elle développe les partenariats avec les acteurs émergents dans une optique plus politique; qu’elle soit capable de «produire» la sécurité et non seulement de la «consommer».

Le déroulement du récent Sommet de Copenhague sur le climat a prouvé, une fois de plus, que la cohésion stricte et mutuelle entre les partenaires européens, en dehors de la logique des directoires, demeure une condition fondamentale pour faire de l’Europe un véritable protagoniste du processus global de négociation. Aujourd’hui plus que jamais, la capacité d’action de l’Europe est liée à sa capacité de mobiliser des énergies et des responsabilités allant au-delà d’une vision de directoires restreints. Sans quoi, et nous l’avons constaté à plusieurs occasions, nous risquons de ne pas exercer le poids, l’influence et le prestige qui nous reviennent sur la scène internationale. Au moment où le Traité de Lisbonne commence à produire ses effects, l’idée que l’action extérieure de l’UE puisse être pilotée par une concertation de quelques-uns de ses membres est dangereuse et risque d’alimenter doutes et réserves quant à la représentativité et à l’efficacité de l’Union.

La dimension méditerranéenne: développer une notion de «Méditerranée élargie» - Et, pour finir, la dimension méditerranéenne, qui est partie intégrante de nos deux pays en tant que pays riverains. L’Italie et la France partagent une grande opportunité: celle de coopérer en vue de faciliter le processus d’intégration et de croissance de la région. Il s’agit de développer une notion de «Méditerranée élargie» incluant également, outre la rive nord et la rive sud, la «troisième rive», celle des pays du Golfe. Nous avons l’opportunité de développer un partenariat avec les pays concernés sur un pied d’égalité, en tirant parti de tous les instruments dont nous disposons, en premier lieu de l’Union pour la Méditerranée et notamment de sa dimension projets.

Encore une fois, il ne s’agit pas d’établir des liens privilégiés avec l’un ou l’autre pays de la région, mais plutôt de promouvoir une approche systémique orientée vers un espace conçu dans son intégralité, dans des domaines allant de la sécurité au commerce et au financement, aux échanges culturels, à la prévention des catastrophes naturelles, mais qui pourraient être élargis à d’autres dossiers sensibles, tels que la protection de l’environnement et la préservation de la flore et de la faune de la région.

C’est pour toutes ces raisons que j’aimerais que ces liens entre nos deux Pays soient perçus dans leur juste valeur. Le prochain sommet annuel bilatéral franco-italien se tiendra au printemps. Ce rendez-vous est un instrument fondamental de mise au point et de vérification des initiatives de coopération déjà en cours à tous les niveaux, mais il permettra surtout – tel est notre plus vif souhait – de relancer les liens entre nos deux gouvernements et, bien au-delà, entre les peuples italien et français, pour qu’ils soient à la hauteur de l’excellence de nos relations. Vivre à l’époque de la mondialisation signifie non seulement être capables de conclure de nouveaux partenariats avec de nouveaux acteurs émergents, mais également être capables de renouveler les priorités et les contenus des partenariats stratégiques traditionnels.


Luogo:

Parigi

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