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Governo Italiano

Intervista

Data:

29/08/2006


Intervista

Le Président Ben Ali a su préserver la culture millénaire de son pays. En ces moments d'agitation dans le monde, la Tunisie est un modèle d'équilibre social et culturel En visite dans notre pays où il a été reçu vendredi par le Président Zine El Abidine Ben Ali, M. Vittori Craxi, vice-ministre italien des Affaires étrangères, a bien voulu nous accorder cette interview.

Comment évaluez-vous les relations tuniso-italiennes dans le contexte mondial actuel ?

J'estime que nos deux pays ont compris qu'ils sont engagés sur des voies communes. Nous vivons ensemble dans un espace méditerranéen et nous avons pour objectifs des relations équilibrées. On cherche aussi à établir des règles communes sur le plan du droit civil et sur le plan économiques et de la sécurité par exemple. Les Italiens sont venus ici il y a longtemps et la culture et les traditions tunisiennes ne nous sont pas étrangères. D'autre part, notre culture est bien connue par les Tunisiens, c'est un point qui constitue un avantage énorme dans ces relations : l'échange et la réciprocité. La réciprocité entre nos deux pays est une question d'avenir sur laquelle la Tunisie a beaucoup travaillé. L'avenir doit se baser sur les points qui nous rapprochent.

L'Italie et la Tunisie ont développé des visions communes pour la Méditerranée, des visions qui sont appelées à se traduire par des actions

Je sais qu'on n'a pas fait des pas en arrière durant les dernières années, mais aujourd'hui, il faut faire des pas en avant en matière de coopération, notamment. Mais il ne s'agit pas seulement d'une coopération économique, cela concerne aussi la sécurité et l'immigration. Et la Tunisie est tout à fait engagée afin de résoudre ce problème de l'immigration. C'est un exemple typique de l'engagement de la Tunisie dans la région qui n'a pas peur d'affronter les problèmes qui se posent dans la région méditerranéenne par exemple. Et à chaque fois qu'un problème se pose, le Président Ben Ali l'approche avec clairvoyance et c'est ce qui fait de la Tunisie un partenaire idéal pour la paix en Méditerranée.

Ces visions et ces projets communs vont-ils être redynamisés ?

C'est vrai que sous le gouvernement Berlusconi il y a des dossiers qui n'ont pas été entamés. Maintenant, on compte s'attaquer à ces projets importants. Par exemple, il s'agit de renouveler la ligne de crédit entre l'Italie et la Tunisie, relancer les relations bilatérales. Après mon audience avec le Président Ben Ali, Romano Prodi m'a appelé pour confirmer sa prochaine visite en Tunisie avec toute l'amitié qu'il porte pour ce pays. Il sera là aussi pour confirmer notre engagement sur certains dossiers qui regardent les deux pays, entre autres la sécurité dans la Méditerranée et l'engagement de notre gouvernement dans la coopération tuniso-italienne. Il y a aussi la volonté de notre part à valoriser la présence italienne en Tunisie et de ne pas se contenter d'être voisins mais aussi partenaires. Nous sommes pleinement conscients que la Tunisie est un partenaire de premier choix en Méditerranée et en Afrique. C'est un modèle dont il faut s'inspirer. C'est un modèle où le progrès économique est lié au progrès social. C'est aussi un pays qui n'a pas importé une démocratie mais c'est un pays qui est en train de faire évoluer sa démocratie tous les jours tout en garantissant les droits de chacun. C'est un point sur lequel le Président Ben Ali est très engagé. Les ennemis de la Tunisie n'ont qu'à se taire.

Sur le plan économique, quels sont les résultats escomptés de la prochaine visite de Romano Prodi en Tunisie ?

La ligne de crédit qui va être rouverte apportera beaucoup aux entrepreneurs tunisiens et étrangers. Nous sommes engagés jusque-là sur plusieurs plans notamment l'agriculture, la pêche, le tourisme. Personnellement, j'ai invité plusieurs investisseurs à s'installer en Tunisie et je continuerai à le faire pour les bonnes conditions qui existent en Tunisie. Et j'ai remarqué que grâce à ces projets mixtes et à ces investissements, la qualité des produits s'est beaucoup améliorée en Tunisie.

Maintenant on doit faire un effort sur la formation. On projette de former des cadres dans tous les domaines en Italie ou en Tunisie avec un diplôme unifié. Et j'espère qu'un jour les titres d'études seront unifiés sur tous les pays de la Méditerranée. Cela dit, il faut aussi faire des efforts sur le plan culturel pour se préserver contre la mondialisation.

Le Président Ben Ali a toujours appelé au dialogue des civilisations et des cultures et au partenariat solidaire, qu'en pensez-vous ?

Parmi les pays arabes qu'on connaît et qui sont modérés, la Tunisie est le pays le plus en vue. Dans d'autres pays, l'ouverture a délaissé quelque part le patrimoine, les racines et l'identité. Avec sa vision de la culture et de la civilisation, le Président Ben Ali a su préserver la culture millénaire de ce pays. En ces moments d'agitation dans le monde, la Tunisie est un modèle d'équilibre social et culturel.

L'Italie joue de plus en plus un rôle de premier plan au Liban et au Moyen-Orient. D'après votre entretien avec le Président Ben Ali, comment considérez-vous la position tunisienne sur la question libanaise et palestinienne ?

L'Italie a une responsabilité politique non seulement en ce qui concerne la souveraineté et l'intégrité du Liban, mais il s'agit de restituer un cadre de paix et de stabilité avec pour base une réouverture du dialogue et des négociations. L'Italie a bien compris que le conflit israélo-libanais, s'il n'est pas arrêté à temps, il peut mettre en danger tout le Moyen-Orient. Il y a aussi une autre question à résoudre qui est la pleine souveraineté du peuple palestinien. Il s'agit d'enlever l'embargo économique et socio-moral imposé au peuple palestinien dans la bande de Gaza. Il s'agit de trouver des solutions durable et pas des solutions momentanées.

La Tunisie est un pays qui a signé tous les traités d'unité et de paix tout en s'engageant activement dans la Ligue arabe. La solidarité de la Tunisie auprès du peuple palestinien et libanais est très effective. L'originalité de la vision tunisienne vient de sa clarté et de sa prudence. Il s'agit de ne pas confondre politique et religion tout en respectant la religion et en garantissant la souveraineté de l'Etat. Et c'est tout à fait le pari gagné par la Tunisie. Lors d'une rencontre avec le Président Ben Ali, je l'ai félicité pour tout ce qu'il a fait pour la femme tunisienne. Ce sont des mesures très avant-gardistes pour faire évoluer la Tunisie.

Par quoi expliquez-vous l'engagement de l'Italie au Liban ?

Nous sommes-là pour faire respecter la résolution de l'ONU qui vise à aider l'armée libanaise à s'installer et à garantir la souveraineté du peuple libanais et d'autre part, pour faire respecter la «ligne bleue» entre le Liban et Israël.

L'Italie n'est pas là pour désarmer le Hezbollah, mais nous sommes-là pour une reconstruction solide des résolutions et pour la réouverture du dialogue. Pour être clair, nous sommes tout à fait neutres et nous ne sommes pas là pour y rester. Notre présence agit pour la paix et le multilatéralisme.


Autore:

Salem TRABELSI

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