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Governo Italiano

Intervista

Data:

25/08/2006


Intervista

Que pensez-vous de la décision de la France d'envoyer 2 000 hommes au Liban et de prendre éventuellement le commandement de la force internationale ?

Nous en sommes très heureux. Dès le début, nous étions prêts à aller au Liban avec la France. Son rôle dans les négociations pour la résolution aux Nations unies laissait entrevoir un engagement français important dans la Finul, et nous nous en réjouissions. L'Italie se voyait aux côtés de la France, et peut-être avec l'Espagne, comme trois pays de la Méditerranée mobilisés en avant-garde de l'Europe. L'Italie n'a pas proposé d'elle- même de commander la Finul, nous voulions simplement être là avec l'Europe, au nom de l'Europe.

Avez-vous compris l'attitude prudente de Paris ?

Pour la France, les risques étaient sans doute plus importants, pour des raisons politiques et historiques. Nous en étions conscients, car nous avons discuté de façon quotidienne avec nos amis français. Mais le cadre a peu à peu changé. Les règles d'engagement sont aujourd'hui plus claires, il est naturel que la France s'engage davantage.

Pour quelles raisons l'Italie, très divisée sur sa présence en Irak, s'engage-t-elle autant sur le dossier libanais ?

Les deux cas sont très différents. Aujourd'hui, nous sommes dans le cadre de la légalité internationale. Nous allons au Liban pour restaurer la paix, pas pour occuper le pays, et en plein accord avec le gouvernement libanais élu. L'ONU et l'Europe ont l'occasion de jouer un rôle important dans la région. Toujours "payeur" et jamais player (acteur), pour la première fois l'Europe peut jouer un rôle actif au Proche-Orient. Si la mission au Liban - pas seulement militaire, mais aussi politique, humanitaire, économique - est un succès, cela pourra servir de modèle pour le conflit israélo-palestinien, afin de remettre en mouvement le processus de paix.

Comment envisagez-vous l'organisation militaire de la mission ?

Si l'Italie envoie 3 000 soldats au Liban, elle pourra, à un moment donné, prétendre assurer le commandement de la Finul élargie. Je ne suis pas inquiet : tout va se régler très facilement. Nous trouverons une solution, avec un mécanisme de rotation. Mais pour assurer une chaîne de commandement efficace, j'estime nécessaire la création d'une structure de direction intermédiaire, entre la cellule stratégique des Nations unies et le commandement opérationnel sur le terrain. L'expérience a montré que les rapports directs entre les deux structures ne marchent pas. On a besoin d'avoir un commandement interactif. Les militaires eux-mêmes le réclament.

En l'absence d'accord politique, avez-vous eu des assurances de la part d'Israël, qui a évoqué la nécessité d'un "second round" avec le Hezbollah ?

La trêve reste fragile, mais la ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Livni, nous a répété aujourd'hui que la volonté d'Israël est de se retirer le plus tôt possible. Elle nous demande d'arriver au plus vite. Je trouve que les Israéliens ont la volonté de coopérer, car ils savent que l'application de la résolution 1701 est de l'intérêt même d'Israël. Grâce à elle, il n'y aura plus d'actes d'hostilité contre eux. Les Américains ont aussi un grand intérêt au succès de la résolution. A l'évidence, ils cherchent une sortie de crise. L'Irak est une tragédie, et les projets de "nouveau Moyen-Orient" un désastre. Les Etats-Unis ont besoin de l'Europe, cette fois. Il faut les aider et en profiter pour les aider à changer leur approche. C'est une occasion que l'Europe doit saisir en étant unie, alors que pour la guerre en Irak nous étions divisés.

Qu'attendez-vous de la réunion extraordinaire des ministres des affaires étrangères qui doit se tenir vendredi 25 août à Bruxelles sur votre initiative ?

J'attends un engagement européen formel. C'est-à-dire une déclaration selon laquelle l'Union européenne soutient la résolution 1701 du Conseil de sécurité et invite les pays membres à donner leur contribution. Ce doit être une décision de l'Union, pour que les pays envoient leurs soldats au nom de l'Europe. Cela signifie que le Conseil de l'Europe fasse pression sur chaque pays pour qu'il contribue. L'engagement de l'Union en tant que telle peut être décisif pour convaincre d'autres membres du Conseil de sécurité.

Comment prétendre résoudre le conflit actuel en l'absence de la Syrie, or les relations entre Paris et Damas sont au plus bas ?

La résolution 1701 ne permet pas à la force internationale de contrôler directement la frontière avec la Syrie, mais nous pouvons aider l'armée libanaise à le faire. De toute façon, il faut envoyer un message très clair à la Syrie : tout pays doit respecter la résolution. S'il est écrit qu'il ne peut y avoir, entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, d'autres armes que celles de l'armée libanaise et de la Finul, cela veut dire que Damas doit coopérer. La Syrie est sous le regard de la communauté internationale. Elle aimerait sans doute rester en dehors, mais il faut l'impliquer.


Luogo:

Roma

Autore:

Jean-Jacques Bozonnet

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